Qu’est-ce que le plomb ?

Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82.

Le plomb est un métal gris bleuâtre, blanchissant lentement en s’oxydant, malléable. C’est un élément toxique, mutagène, et reprotoxique (problème de fertilité féminine, cancers des testicules, malformations génitales, ou diminution la production spermatique chez l’homme). Le plomb a en effet été classé comme potentiellement cancérigène en 1980, classé dans le groupe 2B par le CIRC10 puis comme probablement cancérigène pour l’homme et l’animal en 2004.

Le plomb est un contaminant de l’environnement, toxique et écotoxique dès les faibles doses. Les maladies et symptômes qu’il provoque chez l’homme ou l’animal sont regroupés sous le nom de « Saturnisme ».

Depuis 2006 l’OMS a réduit la DHT (Dose hebdomadaire tolérable) pour le plomb à 25 µg/kg de poids ; soit une dose journalière tolérable de 3,6 μg/kg pc/j).

Beaucoup des utilisations historiques du plomb sont désormais proscrites en raison de la toxicité du plomb pour le système nerveux et la plupart des organes vitaux. Il a été récemment montré que – même à faible dose – le plomb a aussi un effet cytotoxique sur les cellules souches du système nerveux central (de même que de faibles doses de mercure ou de paraquat).

Un risque existe dès lors que le plomb ou certains de ses composés peuvent être inhalés (sous forme de vapeur ou de poussière) ou ingérés, et assimilés par l’organisme. L’intoxication par voie cutanée existe mais reste rare. Les voies de transport sont l’eau, l’air et les aliments.

Les personnes les plus vulnérables sont les enfants et les femmes enceintes, puis les personnes âgées.

Le plomb – relativement abondant dans la croûte terrestre – est l’un des métaux les plus anciennement connus et travaillés. On en a trouvé dans des pigments recouvrant des tombes ou dépouilles préhistoriques (40 000 ans avant J.-C.), mais aussi dans des objets.

En dépit de sa haute toxicité, et grâce probablement à sa facilité d’extraction, à sa grande malléabilité et à son bas point de fusion, il a été fréquemment utilisé lors de l’âge de bronze.

Les Sumériens, Égyptiens, Grecs, Hébreux ou encore Romains savaient l’extraire et l’utilisaient pour colorer et émailler des céramiques, lester des hameçons, sceller des amphores, produire des fards, du kôhl ou produire des objets usuels (de 4 000 à 2 000 ans avant notre ère). On trouve aussi des tuyaux de plomb sur les sites antiques romains.

Au Moyen Âge les alchimistes croyaient que le plomb était le métal le plus ancien (et le plus froid) et l’associaient à la planète Saturne. C’est pourquoi l’intoxication au plomb est dite saturnisme.

Sa toxicité était connue des médecins et mineurs dès l’antiquité. Les Romains l’utilisaient sous forme d’acétate de plomb pour conserver et sucrer leur vin, et s’étaient rendu compte que les gros buveurs, donc de la classe aristocratique, souffraient d’intoxication.

Plus tard, des symptômes spécifiques ont été décrits, associés à des métiers tels que les mineurs, fondeurs, peintres ou artisans fabricants de vitraux. C’est à la suite de l’étude de nombreux cas d’intoxication qu’une réglementation, des recommandations et un dépistage se sont progressivement mis en place dans des pays riches (comme en Europe ou aux États-Unis). Le plomb a ainsi été interdit pour la confection des tuyaux de distribution d’eau potable en Suisse dès 1914 mais bien plus tardivement dans les autres pays. En France : les peintures au plomb ont été interdites en 1948 mais l’interdiction totale pour les canalisations ne date que de 1995.

Principes généraux de prévention (article L. 4121-2 du code du travail)

Les neuf principes à appliquer sont :

  • Eviter les risques
  • Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités :

Se procurer auprès du maître d’ouvrage le diagnostic précis de la présence de plomb dans les parois, pièce par pièce, élément par élément (teneurs en plomb + état des surfaces)…

  • Combattre les risques à la source :

Capter les poussières, les fumées au plus près possible de la source d’émission…

  • Adapter le travail à l’homme :

Mettre en œuvre des moyens d’aide à la manutention (horizontale ou verticale)…

  • Tenir compte de l’état d’évolution de la technique:

S’informer des techniques nouvelles permettant de supprimer ou de réduire les risques (nouveaux matériaux et produits)…

  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou moins dangereux

Dans le cas du décapage thermique, proscrire le décapage au chalumeau (brûlage), utiliser un décapeur à air chaud (température < 450°C)…

  • Planifier la prévention

Intégrer l’analyse des risques et les mesures de prévention retenues dans les éventuels documents réglementaires (PPSPS, plan de prévention…) ou dans un document spécifique…

  • Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle

Isoler la zone polluée par les poussières contenant du plomb pour protéger les salariés des autres zones de travail…

  • Donner des instructions appropriées aux travailleurs

Indiquer aux salariés les mesures d’hygiène à respecter…

 

Protections collectives

 

  • Choisir la technique la moins polluante possible,
  • Isolement de la zone de travail, et sas d’entrée/sortie
  • Captage des poussières, des fumées, à la source d’émission
  • Nettoyage régulier de la zone de travail, sans balayage
  • Aspirateur avec filtre à très haute efficacité.

 

Protections individuelles

 

  • Port des équipements de protection respiratoire, à ventilation assistée.
  • Port de vêtements de travail et autres équipements de protection individuelle (gants,

Combinaison, chaussures de sécurité…).

  • Entretien des équipements non jetables.

 

Nécessité de se soumettre aux examens médicaux périodiques

 

  • Examen préalable avant toute exposition au plomb, réalisé par le médecin du travail

(examens cliniques et biologiques).

  • Obtention d’une fiche d’aptitude, renouvelable tous les six mois ou à l’initiative du médecin du travail.

En savoir plus :

Interventions sur les peintures contenant du plomb
Prévention des risques professionnels

Recouvrement, et petits travaux divers

Méthode employée essentiellement pour les travaux palliatifs d’urgence notifiés par les Préfets.

  • Application d’un primaire avant collage

d’un revêtement

  • Ponçage ou grattage manuels de petites surfaces à l’emplacement de

l’accrochage des matériaux.

  • Perçage de trous et fixation de panneaux
  • Dépose d’éléments de recouvrement

(menuiserie, garde-corps, rampes ….)

 

Grattage, ponçage, piochage

Retrait du revêtement par :

  • Grattage
  • Ponçage mécanique
  • Piochage

De préférence à l’humide pour limiter l’émission de poussières chargées en plomb.

 

 

Décapage thermique

Technique adaptée aux supports non friables comme le bois.

Les éventuels éléments démontables sont traités par bains en atelier spécialisé.

Les autres surfaces sont traitées par soufflage d’air chaud (à moins de 450° – seuil au-delà duquel il y a émission de fumées toxiques). Les peintures ainsi chauffées se ramollissent et sont enlevées par grattage.

 

Cette méthode nécessite une grande prudence, pour ne pas atteindre des éléments périphériques inflammables, ou risquant de fondre ou exploser.

 

Décapage chimique par produits caustiques

Cette technique n’est adaptée que pour le traitement des surfaces.

Les produits caustiques utilisés contiennent généralement de la potasse ou de la soude, ils sont fortement alcalins.

  • Grattage préalable des peintures s’écaillant.
  • Application à la brosse du produit, sous forme de gel, et recouvrement par un film en polyéthylène pour éviter le dessèchement le temps qu’il dis­solve les peintures. Le film protège du décapant et limite sa dispersion sur le sol, facilitant ainsi le nettoyage. Le mélange (peinture et gel) formé est ensuite enlevé à l’aide d’un grattoir.
  • Un rinçage du support décapé est nécessaire, soit à l’eau, soit avec un produit chimique neutralisant correspondant. Les eaux de rinçage sont collectées et traitées avant rejet.

 

Un traitement en bains dans un atelier spécialisé est systématiquement envisagé pour les éléments démontables.

 

Décapage chimique par solvants

Comme le décapage par produit caustique, la technique du décapage au solvant n’est efficace que pour le traitement en surface. Compte tenu de la dangerosité des produits, cette méthode n’est utilisée que lorsque les autres ne sont pas applicables.

Le procédé est identique à celui décrit précédemment.

 

Sablage

Cette méthode est plus particulièrement adaptée au retrait sur surfaces métalliques.

 

Diagnostic

Le maître d’ouvrage doit réaliser un diagnostic de présence de plomb préalablement à tous travaux sur les peintures de bâtiments construits avant 1948. Il en sera de même en cas de doute pour ceux construits dans les années suivantes.

Après ce diagnostic, le maître d’ouvrage planifie les travaux afin qu’ils se réali­sent dans des locaux vides et inoccupés, et sans coactivité avec d’autres corps d’états dans la zone polluée.

 

Préparation du chantier

  • Examen du diagnostic.
  • Choix de la technique d’intervention la moins polluante possible.
  • Information du médecin du travail.
  • Choix des protections collectives.
  • Choix des équipements de protection individuelle adaptés à la tech­nique. (Protection respiratoire généralement casque à ventilation assistée TH3 avec filtre P ou A2P, ou à adduction d’air. Gants de protection. Combinaison adaptée soit résistant à la chaleur, au produit chimique etc … Chaussures de sécurité.)
  • Information des salariés sur le risque plomb à l’aide de la notice prévue à cet effet.
  • Formation des salariés (technique employée, équipements de protection, nettoyage du chantier, évacuation des déchets, entrée et sortie de la zone de travail, hygiène générale, interdictions) par un formateur compétent vis-à-vis du risque plomb.
  • Définition des moyens d’aide aux manutentions.
  • Réalisation si possible de creusement de saignées (pour électricité ou plomberie).
  • Mise en œuvre des mesures de prévention retenues dans les éventuels documents réglementaires (PPSPS, plan de pré­vention…), et information des salariés.
  • Choix des modes de tri, de stockage et d’élimination des déchets et équipements de protection jetables, approvisionnement en sacs, et mise en place la procédure d’évacuation.

 

Avant le démarrage des travaux

  • Si ouverture sur la voie publique, mise en place d’une signalisation et aména­gement de passages pour les piétons.
  • Le chantier est rendu inaccessible au public.
  • Signalisation des zones de travaux à risques.
  • Réalisation par la maîtrise d’ouvrage du contrôle initial d’empoussièrement.
  • En fonction de la technique employée, éventuellement isolement de la zone, mise en place d’un sas d’accès, d’une extraction d’air …
  • Aménagement d’un local inaccessible au public pour stocker les déchets.
  • Mettre à disposition des opérateurs, sur le chantier :
  • un point d’eau équipé de savon et de brosses à ongles,
  • une douche équipée : cabine pouvant être fermée avec espace de déshabillage et patère, caillebotis au sol, eau à température réglable, chauffage, aération…,
  • un local avec des armoires vestiaires à deux compartiments dis­tincts (vêtements de travail, vêtements de ville),
  • des toilettes,
  • un local à usage de réfectoire.
  • Mise à disposition de protections collectives contre le risque de chute de hau­teur. Ainsi que de plates-formes individuelles roulantes légères ou des échafaudages adaptés à la configuration des lieux.
  • Consignation des réseaux existants (gaz, électricité…) situés dans la zone de travail par la maîtrise d’ouvrage.
  • Mise en œuvre des coffrets électriques avec disjoncteur différentiel (sensibilité 30 mA).
  • Eclairage la zone de travail à l’aide d’appareils de classe II (double isola­tion)

 

Pendant les travaux

  • Les salariés doivent avoir accès à tous documents décri­vant l’organisation de la prévention (PPSPS, plan de prévention, docu­ment spécifique…), sur le chantier.
  • Toute personne « invitée » sur le chantier bénéficie des mêmes protections que les intervenants.
  • On commence par les travaux les plus polluants.
  • La zone de travail est nettoyée régulièrement, par aspiration le balayage étant proscrit.
  • Les déchets sont éliminés au moins une fois par jour.
  • Le bois recouvert de peinture au plomb ne doit en aucun cas être brulé.
  • Les opérateurs bénéficient de pauses régulières en fonction des conditions de travail (température, humidité…) et des équipements de protection respi­ratoire choisis.

 

Après les travaux

  • Nettoyage complet des zones de travail et d’accès à l’ai­de d’un aspirateur avec filtre THE.
  • Réalisation par le maître d’ouvrage du contrôle d’empoussièrement post travaux.
  • Le maître d’ouvrage doit également réaliser un plan indiquant les parois ou éléments contenant toujours du plomb après recouvrement ou encoffrement, s’il y a lieu.

 

Traitement des déchets

Nature et tri sélectif des déchets contenant du plomb.  

Sur le chantier, les déchets sont séparés suivant leur nature afin d’être dirigés vers les centres de stockage ou les centres de traitement appropriés.

Certains types de déchets mélangés peu­vent être refusés. Lorsqu’ils sont acceptés, leur coût de mise en décharge ou de traitement peut être prohibitif.

Il convient donc au cours des travaux d’éviter de mélanger des diffé­rents types de déchets.

L’on distingue les principaux types de déchets suivant :

  • poussières, éclats de peinture,
  • Tous matériaux (bois, métaux etc …) et petits gravats, pollués par le plomb,
  • protections individuelles et vêtements jetables
  • produits de décapage
  • gravats en grande quantité pollués par le plomb,
  • gravats en grande quantité non pollués par le plomb,
  • autres déchets non pollués par le plomb.

 

Les déchets sont enfermés dans des sacs étanches ou des bidons, avec un étiquetage informant sur l’origine de la maîtrise d’ouvrage et la nature du déchet. Les contenants sont stockés dans des locaux inaccessibles au public.

 

Ils sont ensuite évacués vers des centres de stockage ou de traitement spécialisés, en fonction de leur nature et de leur teneur lixiviable (soit la teneur en éléments polluant pouvant être entraînés par les eaux d’infiltration d’un terrain).

 

Mesures d’Hygiène générales

Compte tenu de leur importance pour la protection de la santé des sala­riés, ces mesures d’hygiène sont mises en œuvre dans tous les cas, indépendamment de la technique employée et du niveau de pollution.

Afin d’éviter toute contamination, ne pas manger, boire, fumer et mâcher de la gomme sur les lieux de travail.

Après le travail et avant chaque repas

Les vêtements de travail et les autres équipements de protection sont enlevés, tout ce qui est  jetable est mis dans les sacs de déchets.

Le net­toyage des vêtements non jetables est assuré par l’entreprise.

Toutes les parties du corps non protégées doivent être soigneusement nettoyées au savon (en particulier le visage), il faut également se rincer la bouche, se brosser les mains et surtout les ongles. (Notamment pour les fumeurs).

En fin de journée de travail les salariés prennent une douche avant de quit­ter le chantier

De même avant chaque pause (toilette ou autres) l’opérateur procède au même nettoyage des parties du corps exposées.

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